Forward Motion, le mouvement par anticipation

De Bach au be-bop, approche corrective du phrasé jazz

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Les masterclasses de Hal Galper

Hal Galper a présenté de nombreuses masterclasses que Bret Primack, alias Jazz Video Guy, a compilé sur sa chaîne YouTube (en anglais). Pour afficher des sous-titres en français, cliquez sur l'icône Sous-titres (c) dans la vidéo en cours de lecture. Cliquez ensuite sur l'icône Paramètres et choisissez Sous-titres (1) Anglais (générés automatiquement). Un autre menu apparaît alors, dans lequel vous pouvez choisir Traduire automatiquement, puis Français. La traduction est générée automatiquement. Ça permet de comprendre en gros de quoi on parle mais évidemment, ça ne vaut pas une vraie traductrice ! Je vous résume donc chaque vidéo en bon français. (La page est en cours d'élaboration, n'hésitez pas à revenir voir un peu plus tard.)

Comment travailler son instrument ?

Cazimir Costea a sous-titré en français une partie de la vidéo ci-dessus. À la suite de cet extrait, il en présente son interprétation et donne des conseils pour travailler au piano.

L'illusion d'un instrument

Dans son livre, The Art of Piano Playing: a Scientific Approach, George Kochevitsky a scientifiquement prouvé que l'on jouait toujours à l'oreille. Si on n'entend pas ce qu'on veut jouer, on ne peut pas le jouer. Si on lit entre les lignes, ce que dit George Kochevitsky, c'est que ceci n'est pas un instrument (Hal Galper montre son piano), c'est une illusion. C'est vous, l'instrument. Les outils que vous utilisez pour jouer sont votre esprit, votre corps et vos émotions, et tout cela peut se travailler.

Le rythme et la syncope

Le rythme du jazz, c'est la syncope, qui nous vient des second lines de la Nouvelle-Orléans. La syncope est essentielle à la cohésion du groupe. Quand on choisit de s'intégrer à un groupe, on a tendance à perdre son individualité. Si on choisit de préserver son individualité, alors on s'exclut du groupe. La syncope permet de faire partie du groupe tout en préservant son individualité. Elle permet de continuer à jouer des rythmes avec son propre style personnel, de même que chacun des autres membres du groupe, tout en contribuant à un effort collectif. La syncope est le ciment du groupe.

Pour comprendre quelque chose, il faut pouvoir le comparer à autre chose. On a chacun son propre flux interne de rythmes syncopés, et on joue en tenant compte de celui des autres membres du groupe. Je comprends ce que fait l'autre parce que j'ai mon propre flux de rythmes syncopés. Le problème, c'est qu'il y a une infinité de façons d'arranger des rythmes, mais il existe une façon jazz d'arranger des rythmes, un vocabulaire du jazz. Il existe une façon authentique d'arranger les rythmes de jazz et ça, il faut l'apprendre.

Tout est une question d'attitude

Il est important de comprendre l'état d'esprit dans lequel on doit être pour jouer. Il est fort probable que vous passiez plus de temps à travailler votre instrument qu'à en jouer. Vous développez donc une attitude de travail. Vous vous fixez des objectifs que vous vous efforcez d'atteindre. Dans l'attitude de jeu, ce n'est pas ce que vous jouez qui compte mais la façon dont vous le jouez. On ne peut pas s'exercer à adopter une attitude de jeu quand on travaille son instrument. On ne peut le faire que quand on joue devant un public. C'est en forgeant qu'on devient forgeron. Beaucoup de musiciens ne se rendent pas compte qu'il existe une différence entre ces deux attitudes. Ils adoptent une attitude de travail lorsqu'ils jouent, et ça ne marche pas.

Suivre la grille

Si vous regardez, vous n'écoutez pas. Si vous lisez la grille, vous allez avoir de gros problèmes, c'est que vous ne l'avez pas assimilée. Les grands improvisateurs, paraît-il, remplaçaient les enchaînements de la grille originale par leurs propres enchaînements, qu'ils inventaient. Autrement dit, on se sert de la grille comme guide. On utilise la grille, qu'on a assimilée, pour savoir où on en est dans le morceau. Et puis il y a le conseil laissez-vous guider par la mélodie, qu'on suit pour jouer sur la chanson. Mais tout le monde croit qu'il faut littéralement suivre la grille. Ce n'est pas vrai. On peut aussi se laisser guider par la grille et inventer ses propres enchaînements d'accords. C'est tout à fait acceptable, à condition évidemment de savoir le faire. Il faut d'abord savoir jouer la grille avant d'essayer de ne pas la jouer.

Le vocabulaire musical

On ne peut pas apprendre à jouer cette musique sans en connaître le vocabulaire. Il y en a beaucoup qui pensent qu'on perd sa personnalité si on copie le vocabulaire. C'est totalement faux. La psychoacoustique repose sur un fait scientifiquement établi : il n'y a pas deux individus qui ont la même perception auditive. Si on demande à plusieurs personnes de choisir un solo de Coltrane, elles ne vont probablement pas choisir le même parce que tout le monde n'apprécie pas les mêmes choses. On ne peut pas apprendre tout le vocabulaire, alors voici un conseil : travaillez ce qui vous plaît, parce que développer son propre style fait partie de l'apprentissage du vocabulaire. On ne peut pas tout copier (toute une vie n'y suffirait pas) alors il faut choisir. Si vous entendez un lick qui vous plaît, c'est un indice sur votre façon d'entendre et de ressentir la musique. Vous devez prendre cet indice et en tirer le maximum : copiez-le, jouez-le dans les 12 tonalités et essayez de trouver 100 différentes façons de l'utiliser.

Tout ce qu'on joue est un signal

Dans un groupe, c'est le soliste qui mène. Les autres musiciens ont intensément conscience de tout ce qu'il fait : les silences, les notes, les rythmes, le placement dans la mesure. Tout ce qu'il joue est un message qu'il leur envoie. Réciproquement, le soliste doit être à l'écoute des réactions des autres musiciens afin que puisse s'instaurer un dialogue entre eux.

Le rythme et le son

Le rythme et le son ne sont pas deux concepts distincts mais deux aspects du même concept : l'onde sonore de chaque note a un rythme. Mieux qu'un métronome, le son de l'instrument permet de ressentir la pulsation. Au lieu de se concentrer sur le moment où on attaque chaque note, Hal Galper conseille de prêter attention au moment où on met fin à la note. C'est la fin de la note précédente qui nous indique le moment où doit commencer la note suivante.

L'attitude tribale

La culture occidentale a tendance à être individualiste tandis que la culture africaine est communautaire. Dans la culture africaine, un groupe de musiciens constitue une communauté. Un Occidental considère une batterie comme cinq éléments mis ensemble pour produire un son. Un Africain perçoit un seul son constitué de cinq éléments. Dans un groupe, il tient compte de la globalité du son que les musiciens produisent tous ensemble. Ce sont deux points de vue culturels totalement opposés. Les Occidentaux jouent souvent ensemble par coïncidence : il se trouve qu'ils jouent le même morceau en même temps et au même endroit, mais cela ne suffit pas pour réellement jouer ensemble. Jouer ensemble nécessite d'adopter l'attitude tribale, selon laquelle les membres du groupe forment un tout.

La technique, 1re partie

La technique est dans le cerveau, pas dans les mains. Tout dépend de la rapidité du signal envoyé par le cerveau à la main. Après avoir écouté pendant trois heures d'affilé un enregistrement d'Art Tatum jouant au piano avec une incroyable rapidité, Hal Galper s'est rendu compte qu'il pouvait lui aussi jouer aussi rapidement qu'Art Tatum pendant une demi-heure, puis l'effet s'est estompé. Ce ne sont pas les mains d'Art Tatum qui étaient plus rapides, mais ses oreilles. Avec la pratique, les musiciens travaillent leur perception auditive et entendent de plus en plus rapidement, ce qui leur permet de jouer plus rapidement.

La technique, 2e partie

Le contrôle émotionnel

La réflexion

Les mains calmes

Certains pianistes sollicitent trop les grands muscles du corps, en essayant d'adopter un style ou une posture jazz, alors qu'ils ne devraient solliciter que les petits muscles nécessaires à la motricité fine. L'utilisation des grands muscles nuit à la légèreté et à la rapidité du jeu. Il y a aussi des pianistes qui ont appris la technique de la musique classique et qui veulent apprendre la technique du jazz. Il n'y a pas de technique du jazz, il n'y a que de la technique. Hal Galper a lui-même pris des cours avec Madame Chaloff pendant 6 ans et il utilise sa technique encore aujourd'hui. Il est très utile d'avoir appris à jouer du classique pour jouer du jazz, afin de savoir comment utiliser son corps correctement pour tirer le meilleur de son instrument. Pour adopter la position correcte des mains, une astuce consiste à poser une pièce de monnaie sur le dos de la main pendant qu'on joue. Le coude doit se trouver à la même hauteur que les touches du piano.

Où se trouve votre centre de pulsation

La technique des extrêmes

La respiration

Réduire les émotions